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Auteur Sujet:   Disparition de Hocine Aït Ahmed ou la révolution désenchantée
René BONNEL
 Administrateur Système
  

posté le 30-Dec-2015 18:17         JPG picture     envoyer un email a René BONNEL               




 

L’homme politique Algérien Hocine Aït Ahmed vient de décéder à Lausanne. Ancien chef historique du FLN, il portait sur l’histoire le regard amer mais lucide du combattant qui avait rêvait de liberté au nom d’un idéal qui lui est tombé des mains et que d’autres ont ramassé pour réaliser d’autres ambitions où le bonheur du peuple était absent.

Voici ce qu’il déclarait dans la revue « Ensemble » publiée en juin 2005 : « Les religions,  les cultures juive et chrétienne se trouvaient en Afrique du Nord bien avant les arabo-musulmans, eux aussi colonisateurs, aujourd’hui hégémonistes. Avec les Pieds-Noirs et le dynamisme - je dis bien les Pieds-Noirs et non les Français - l’Algérie serait aujourd’hui une grande puissance africaine, méditerranéenne. Hélas ! Je reconnais que nous avons commis des erreurs politiques, stratégiques. Il y a eu envers les Pieds-Noirs des fautes inadmissibles, des crimes de guerre envers des civils innocents et dont l’Algérie devra répondre au même titre que la Turquie envers les Arméniens. »


En février 1990, à un journaliste du Figaro magazine qui lui demandait comment était l’Algérie avant l’indépendance, il répondit : « Avant ? Vous voulez dire du temps de la colonisation ? Du temps de la France ? Mais c'était le paradis ! Des fleurs, des fruits, des légumes partout, des restaurants. Maintenant nous manquons de tout : de crèches, d'écoles, d'hôpitaux, de dispensaires, mais le parti et la police ont des immeubles neufs... La plus grande misère ici est intellectuelle. »


Sa disparition annonce « L’inévitable procès du régime »  titre le journal El Watan :

« Si la mort d’un historique ne peut passer sous silence, celle de Hocine Aït Ahmed est un événement sans précédent qui laissera bien des traces. Ce géant de l’histoire de l’Algérie a marqué du sceau du combat les pages du Mouvement national et la lutte pour l’indépendance ainsi que les pages de la lutte pour la démocratie et l’autodétermination du peuple algérien. Un parcours sans faute de 70 années de militantisme, suscitant l’admiration de générations d’Algériens et faisant pâlir de jalousie ses détracteurs qui ont fait preuve de lâcheté ou de compromission devant l’histoire. Sa vie durant a été une leçon d’indignation face à l’injustice et à l’autoritarisme. Il ne pouvait en être autrement de sa mort.

Dès l’annonce de son décès le mercredi 23 décembre,  ce sont toutes les pages de l’histoire de l’Algérie qui se sont ouvertes par ce mécanisme tant redouté par les tenants du pouvoir qu’est la justice de l’histoire. Sa mort semble même être un acte politique, une dernière salve d’un guerrier qui n’a jamais courbé l’échine ni abdiqué.

Le procès du pouvoir s’ouvre avec pour juge un peuple qui n’a jamais douté de Hocine Aït Ahmed et qui se réveille sur ce sentiment amer d’avoir raté avec lui le grand rendez-vous avec la liberté. Depuis donc mercredi dernier, médias, réseaux sociaux et lieux publics n’ont pour sujets que le parcours de Hocine Aït Ahmed, d’une part, et l’implacable jugement de l’histoire sur ses adversaires des groupes de décideurs de 1962 à nos jours, d’autre part.

Le procès est ouvert et les accusés ne manquent pas, à leur tête, au grand dam de Louisa Hanoune, l’inévitable Houari Boumediène dont l’anniversaire de la mort interviendra, comme le veut le hasard de l’histoire, cette semaine. Celui qui mit dans ses geôles le rédacteur du rapport de Zeddine et père de la Révolution et la diplomatie algériennes, Hocine Aït Ahmed,  est jugé par « contumace »  pour le hold-up du rêve de tout un peuple.

Avec sa mort, le peuple juge pour Aït Ahmed et pour l’histoire, Boumediène et tous les responsables de la tragédie algérienne, dont le premier acte a été commis en 1962 et réédité à chaque rendez-vous électoral. […].» Nadjia Bouaricha - Site web de El Watan du 30 décembre 2015.



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Auteur Sujet:  
Pierre Kouzmin
 
  

posté le 01-Jan-2016 10:47     envoyer un email a Pierre Kouzmin                     
Actuellement j'écris une biographie qui retrace
la vie de mes ancêtres venus de Pologne et
d'Andalousie. Ils se sont implantés à Koléa
puis Marengo et Blida. En préface j'aimerai
citer les paroles de Hocine Aït Ahmed, surtout
quand il parle du bien être entre les
communautés. Le thème principal de mon ouvrage
repose sur la bonne entente. Je pars en
Andalousie fin janvier et en Pologne début
avril pour étoffer mes écrits. J'étais en
suisse à plusieurs reprises en 2015, je n'ai
pas eu le temps de me pencher sur Mr Hocine Aït
Ahmed ; j'étais sur les traces de Mr Ben Bella.
M'autorisez-vous à reprendre une partie de
votre texte concernant ses entretiens avec la
revue Ensemble et le Figaro magazine
Bien cordialement et meilleurs vœux pour 2016
Pierre Kouzmin
René BONNEL
 Administrateur Système
  1064 message(s)

posté le 02-Jan-2016 12:31     envoyer un email a René BONNEL                     

Bonjour Pierre,

 

Vous pouvez évidemment reprendre ce texte dont le fond n'est pas de moi, ce sont les propos (d'ailleurs entre guillemets) tenus par Aït Ahmed.

 

Bien cordialement,
Jean Boudon
 
  

posté le 12-Jan-2016 14:31     envoyer un email a Jean Boudon                     
Bonjour à Tous
Pour essayer d'être objectif,
il faudrait ajouter aux propos de Hocine Aït
Ahmed (dont je ne conteste pas le moindre mot),
que si les Algériens et le FLN ont eu de grands
torts vis à vis des Pieds-Noirs, les torts des
Pieds-Noirs d'une part et des métropolitains
d'autre part, n'ont pas été moins grands, vis à
vis des Algériens. A chaque partie de faire son
autocritique; Aït Ahmed le fait pour les
Algériens, et c'est tout à son honneur. Mais on
ne peut oublier les
humiliations, discriminations (ah, ce fameux
"second collège" !) quotidiennes, presque
ordinaires, pratiquées par certains (trop)
Européens, et qui en retour ont nourri la haine
pour tous les Pieds-Noirs. Et bien sûr, sans
parler des exactions de l'armée et de l'OAS.
Bien sûr, c'était en réponse à..., tant il est
vrai que les extrêmes des deux bords
s'entretiennent les uns les autres. Mais la
condamnation des torts ne doit pas être
unilatérale....
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