Forum consacré à Bône  : 


                

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Auteur Sujet:   récit de mon voyage à Bône en 2012.
Gérard Rodriguez
 
  

posté le 30-Jul-2016 15:34         PNG picture     envoyer un email a Gérard Rodriguez               




 

.mon voyage à Bône du 6 au 11 février 2012 .ou * les jours heureux*



 



 

 



 



 

Un clavier d’ordi c’est inerte. C’est mort .c’est nous qui lui donnons vie  .Puisse mes doigts transcrirent car dans ma tête  tournent des milliers d’images et conversations arabo-françaises,. Dans ma tête chante mon Algérie.



 



 

Je ne savais pas quand j’ai commencé à écrire mes  jours heureux, moi qui ne suis surtout pas un écrivain mais un témoin, que cela n’arrêterait jamais. Mais une chose est sur, quand je pense, je parle, j’écris  ou je raconte  mon pays, alors oui c’est les jours heureux. .



 



 

Le temps hélas n’a pas été de la partie. Il à plut, Venté, neigé, grêlé, bref ! Un temps à rester chez soin. Eh bien j’y suis chez moi... Et puis ce temps là c’est celui que j’ai connu à mes premiers cris. Alors lui et moi nous nous connaissons. Gégé tu es chez toi. Et c’est ce qui compte !alors raconte ! Raconte! Fais revivre les jours heureux.



 



 

 Alger le 6 février. Petite peur .un temps de chien. Les montagnes qui se voient depuis l’aéroport sont couvertes de neige. Et nous avons droit à un faux départ. Retour dans l’aéroport. Ah non !Il ne  faut pas ça !j’attends moi ! J’attends depuis des mois de me retrouver à Bône. Et finalement. Il s’élève cet oiseau de air Algérie. Ouf !!  . Voilà je peux me mettre en connexion avec Bône. Et une heure plus tard  m’y voilà .personne non personne ne peut comprendre ce que c’est que de revoir sa ville  à moins d’y en avoir été arraché par la force. Bône ce nom résonne en moi comme vie.  En peu de temps le taxi nous amène à l’Hôtel el Mouna . La pluie tombe avec force  le vent souffle. Je retrouve déjà mon enfance. C’est étonnant comment nos premières années restent imprégné en nous. Quel bonheur de repasser devant le port même s’il est devenu une forteresse. Quel  sensation de revoir la corniche. La mer est démontée. Elle en est marron par moments. Alors je baisse la vitre et je me mets à humer cette odeur caractéristique .que seul la corniche de Bône possède. Pas de doute je suis bel et bien intoxiqué à vie par ces odeurs et qu’on ne me parle pas de désintoxication. Mes poumons ne sont pas assez grands pour s’en remplir de cet air de Bône. Comment décrire ce qui ne peut que se ressentir. Impossible. Voilà c’est en drogué de cet air marin de la corniche que le taxi s’arrête à l’hôtel. vite, vite!  Faut que je ressorte. Je pose mes stocks dans la chambre, mais une faim me tenaille  et c’est à st Cloud que j’avale sans les apprécier ces premières merguez dont je ferai une indigestion durant mon séjour. Et nous voilà parti vers mon premier rendez vous .le quartier St-Thérèse .ou je dois retrouver la villa de ma tante titi. 50 ans après pas facile. Alors je prends en photo toutes les villas. Et je cherche. Voilà je pense avoir trouvé mais non ce n’est pas celle-ci .mais ce ne sera au cours de ma recherche que des belles rencontres tout au long de ce voyage. Je sonne et une dame m’ouvre sa porte. Je lui demande si cette villa était dans le temps au nom de Coutayard . Elle me dit non. Mais aussitôt la conversation s’engage. Entrez !entrez ! Et entrez, entrez! Et cela on me le dira partout. Ah! Merci .merci à vous braves gens de notre pays.  Cette gentille dame me présente sa maman qui aussitôt va me chercher un panier remplit de dattes. Je refuse pour la forme. Mais pas trop ah, ah!, ah! Et me voilà à manger ces belles dattes d’Algérie. Cette dame me recommande à sa voisine qui plus âgé pourrait me renseigner. Et voilà je sonne  à sa porte, et encore une belle rencontre, belle instruction, langage qui ferait honneur à Victor Hugo, me voilà à faire de nouvelles connaissances et de recevoir des   invitations  .mais hélas je ne peux accepter. Trop de choses à faire.  Mais ce moment passé avec vous Madame fut du pur bonheur. Quelle joie d’être ainsi reçu par ce peuple dont depuis toujours je  fais parti.  Hélas je n’ai pas trouvé ta maison ma tata titi  .je suis un peu triste  mais je remettrai cela à ma prochaine visite. Marcher au milieu de toutes ces villas  bouscule  mes souvenirs .je me revois quand enfant nous allions chez tata titi. Ces maisons me regardent. Je les regarde. Nous ne sommes pas étranger .je commence à imaginer leur vie avant 62. Et voilà  je ne suis plus au moment présent. J’ai dix ans et cela, au court de mon voyage je peux dire que je les ai eu souvent mes dix ans, ou avec ma maman je déambulais ces rues de st- Thérèse, ou l’été le soleil tapait dur sur le citron. Toutes ces images je les ai en tête à tout jamais. Elles sont ma richesse .certains en rirons mais moi je les changerai pas pour de l’argent. Ma fortune ne peut se compter ainsi.



 



 

 



 



 

 Et puis je décide d’aller revoir mon école de st Cloud. Bien sur toujours avec un peu d’appréhension car mes attentes sont grandes. Je veux tout voir. Tout retrouver. Je suis reçu par Madame R.J. et par une gentille infirmière, je leur dis que j’ai été élève de cette école et aussitôt avec un large sourire elles m’ouvrent la visite. Je me retrouve encore à mon enfance. Ou sous un soleil de plomb je partais pour l’école de st Cloud. Des fois ma mère me donnait 5 centimes et des fois j’ai honte à le dire je les volais dans son porte-monnaie  et je me rappelle juste en bas de l’école il y avait un marchande de makrout je m’en rappelle très bien car les siens étaient les plus gros du coin. Et je m’achetais un gros makrout dégoulinant de miel. Que je dévorais  à toute vitesse sous un soleil de plomb  avant de rentrer à l’école de st Cloud.  Ces makrouts sont une des images qui ne me quitteront jamais et 50 ans après en  en parlant, J’en ressens encore le goût dans ma bouche. Je reconnais tout de  mon école, je prends des dizaines de photos souvent les bras en l’air c’est pour moi une façon de montrer ma joie  et cela fait rire les dames qui m’accompagnent. Je les sens aussi heureuse que moi. Elles doivent se dire sa prends pas grand-chose pour le rendre heureux. Mais je crois surtout qu’elles ont comprit  qu’elles ont fait comme moi un retour en arrière, et se disent !va y profite tu es chez toi. Merci à vous ! Je revois les classes.  Le préau. La cour. Je me rappelle surtout qu’en été on crevait de chaleur dans cette cour, je revois la petite forêt de pins en arrière de l’école ou se trouve le terrain de sport, et ou en été on entendait crier les étourneaux. Je reparle du passé avec ces Dames. Je suis une vrai gargoulette qui se vide en paroles  je suis heureux quoi ! Et puis elles me demandent de signer le livre d’or des anciens élèves. Alors je me fais pas prier et bien sur comme dirait ma maman. * tia dû écrire un roman heinnnn ! *ben oui maman j’ai écris un roman. Certains  signent un livre avec leurs doigts. Ah non !!!Moi je l’ai signé avec mon cœur et mon âme. J’ai écris toute une page   de mon écriture affreuse. Mais comment résumer sur une page des années de bonheur  .alors elles me demandent de leur lire ce que j’ai écris. Je commence à lire et monte en moi des émotions terrible qui me gonflent la gorge, les souvenirs m’assaillent. J’essaye de contrôler .impossible ! Je me mets à bredouiller, les larmes coulent de mes yeux. J’essaie de contrôler,  impossible. Alors je continue au milieu des larmes. Je crois que j’ai fais mon  show mais voilà moi  je suis sensible. (Oui je sais un homme sa pleure pas et patati et patata .tout cela pour moi c’est du vent)   bref je suis en larmes. Et je leur dis * excusez je ne peux pas continuer  et dans des bredouillements plus que des paroles .je dis *  je veux juste vous dire merci pour votre accueil. Merci de m’avoir comprit. Elles me tendent un mouchoir. Ah sacré Gégé. Mais bon  jamais je ne trahirai mes émotions pour plaire et sauver la face car je n’ai rien à sauver. J’ai surtout à être moi-même .et puis M …. Je suis heureux. Voilà. Je récupère. J’ai des yeux gros comme des billes agates. Mais c’est de bonheur. Je dois quitter. Avec regrets  sous une pluie qui ne lâchera jamais,



 



 

 Les dames me raccompagnent à la sortie avec promesses de revenir. Ah non elles n’ont pas été juste gentilles avec moi .elles ont été généreuses de leur temps. Généreuses de leur cœur. Je me suis senti aimé. Oui je reviendrai qui sait peut être sans pleurer mais ça je ne veux pas y penser. Je veux surtout revenir, merci à vous de votre accueil. Merci école de st Cloud de ne pas m’avoir oublié.



 



 

Je ne me suis pas rendu compte mais j, ai passé plus de 2 h 30 dans cette école de st Cloud  je repars pour l’hôtel  sous la pluie. Le soir tombe. Je peux dire que pour une première journée Aie! Aie! Bonjour les émotions. Mais quelle journée bien remplit. C’est beau les jours heureux !



 



 

 Mardi 7 février.



 



 

Je regarde par la fenêtre de l’hôtel, purée va!! Un déluge de pluie et de grêle. Bon ben  faut sortir. Hein !! J’appelle mon Ami algérien H  de la menadia. Et lui donne rendez vous à l’hôtel  pour 10 h 30. Nous nous sommes connut par internet  et je le sais homme de cœur. Le téléphone sonne .c’est la réception * votre ami vous attends en bas .je descends  et pour la première fois deux hommes de cœur et de raison se retrouvent. Nous nous embrassons et on s’installe à une table du resto, je lui dis ma joie de le voir. De le connaître, lui à les larmes aux yeux. « Je ne pensais pas que tu viendrais » me dit-il, c’est mal connaître Gégé. Nous voilà à nous raconter nos vies. Et chacun à eu ses blessures. Il me parle de sa vie. De son père (on gardera cela pour toi et moi mon ami H) mais quel malheur à l’écouter. Qui à dit que les guerres sont propre, seul ces exploiteurs de la misère humaine. Je l’écoute, et afin de lui montrer que je le comprends .je lui  prends les mais dans les miennes. Je ne peux que lui dire un sincère* je suis désolé * mais sache mon bon ami que je comprends ta vie. Car ta vie c’est aussi mon histoire. Et que je suis aussi désolé que je sois impuissant à changer le passé. Nous voilà à refaire  les choses à faire revivre nos passé, mais que de la joie .tu te rappelle de  cela .et de cela. Comme c’était bien. Oui je me rappelle de tout ! Un homme de bien mon ami H. Pas facile sa vie. Pas facile la mienne alors bien sur on se comprend. Le temps court. Nous décidons de repartir ensemble puisque m’attends l’école de Beauséjour. Et c’est bras dessus bras dessous. Comme deux frères que nous remontons vers la ménadia. Ou nous nous quittons avec maintes embrassades comme seul nous autres habitants de l’Algérie on sait le faire avec promesse de se revoir avant mon départ. Oui un homme gentil mon ami H .je suis heureux de te connaître.



 



 

Je remonte depuis la ménadia cette route que si souvent j’ai fais enfant, quel plaisir. Je me revois avec mes shorts et mes savates en plastique  .du pur bonheur, dire que étant enfant sa me paraissait si long ce trajet. Et là me voilà déjà arrivé au coin de l’école de beauséjour. Je sonne. .on m’ouvre. Je demande.  Le directeur Monsieur B. on me fait entrer dans son bureau, je suis accueillit par son frère qui me dit - Entrez, entrez.  Monsieur B va arriver.   Et voilà que s’engage entre  ce monsieur et moi une conversation  comme si nous nous connaissions depuis toujours. Je reste persuadé que pour que deux hommes se parlent en toute liberté il ne faut pas des jours. Non! Non !juste que sa clic ! Et là croyez moi sa à cliqué ! Quel bonheur d’être reçu ainsi. Je ne sais pas s’il se rend compte à quel point je suis heureux, cette école est la mienne et on me le fait bien ressentir. .voilà que Monsieur le directeur arrive. Juste son sourire  est une carte de visite  comme on n’en fait plus. Nous sommes heureux de nous revoir, je lui donne des photos de moi prisent en 1958 et 59 .dans cette  école. Je lui offre du bon sirop d’érable du Canada. Vraiment une belle journée. Nous partons ensemble  sur le boulevard qui mène en ville. Et nous voilà à prendre un verre   dans un café. Cet homme là à du cœur. Et lui aussi je ne sais pas s’il se rend compte à quel point je suis émut de me retrouver à mon école, et reçu comme si je ne l’avais jamais quitté. Il me dit  revenez jeudi je vous ferai un diplôme du passage à votre école. Je note et  nous nous quittons .il est 14 h 30  je pars vers le cimetière  cette route si souvent prise  est gravé dans ma mémoire à jamais.



 



 

  La pluie redouble de force. Mais cette eau est bénite pour moi. Elle m’a si souvent arrosé enfant  mais là elle devrait au moins me laisser tranquille le temps de mon passage au cimetière. Mais non pas question ! Je retrouve M et A les gardiens du cimetière et nous voilà sous une pluie qui redouble. À la recherche des tombes de ma famille. Et de celle d’amis. Ah notre beau cimetière hélas à subit les affres du temps. Un véritable bourbier quand il pleut. Mais je ne me décourage pas. Et malgré le temps je prends les photos, lesquelles  je sais sont attendu  par de nombreuses personnes qui ont pas  la chance d’être là. Je retrouve la tombe de mes frères. Ah! Cette pluie qui ne me lâche pas. Pourtant je trouve  .je prends le temps. De caresser ce  tombeau froid. Et sans vie. Ou depuis tant d’années vous dormez .plus de  50 ans ont passé. Que fessais-je durant toutes ces années ? Je me dis. J’essaie en leur parlant de combler le temps perdu. Mais le temps perdu ne se comble pas. Il est perdu ! .alors je parle .je parle. Et tout me revient. Comment peut –on garder en mémoire toutes ces images intactes si ce n’est  par la douleur et la souffrance qui les à suivit. Mon visage est mouillé, je ne sais même plus ou est mon parapluie,  la pluie .les larmes  se mélangent   je suis trempé  car j’ai finis par tout oublier autour de moi. Pour être plus prêt de mes frères. À instant si court on donne tout .je sais que je voudrai leur dire tant de choses  qui se bousculent dans ma tête pourquoi toi ce caveau es tu si froid. Quand j’y dépose mes mains. Ah  le temps est impardonnable  il essaie toujours de vous ramener à la dure réalité mais moi en ce moment là je veux juste être le petit garçon qui venait avec sa  maman, votre maman vous voir .et qui ne comprenait pas tout. Et jouait autour de votre caveau .pendant que notre maman le nettoyait. Aujourd’hui je suis grand. Sa veut dire quoi ?juste qu il me reste les regrets. Et les regrets sont terribles. Mais avant. Oui avant. J’étais un enfant. Et je ne comprenais pas. Aujourd’hui oui je comprends. Aller va ! Faut partir. Je reviens. Je retrouve mes 60 ans. Pour constater que je suis dans un état pitoyable. .mouillé et plein de boue. . Il faut retraverser le cimetière la pluie qui à redoublé en à fait un  terrain de marécages. On me dit que des budgets sont attribués par la France. Mais que ceux qui les reçoivent les détournent. Pour s’acheter des 4x4. . Boff .cela ne m’étonne même pas et  je n’arrive même pas à les haïr. Je connais trop le genre humain.  Alors mon beau cimetière tu es seul à prendre soin de toi. Aller à la prochaine, va !



 



 

Et je me dirige vers la vielle maison. Surnom que nous avions toujours eu  pour la maison rue du docteur mestre ou nous sommes tous né .vieille maison  car en ce temps là ce n’était pas la richesse  .enfin du moins pas tel que le monde peut le comprendre. Car si nous n’avions jamais été riche d, argent. Par contre nous avions la richesse des pauvres. L’amour et la famille. Quelle joie d e revoir Mr et Mme S.   Si les premières fois que je suis allé les voir je ne contrôlais pas mes émotions. Là je suis serein. Car je sais que je rentre chez moi. Ils sont débordants de tendresse et d’amour et d’attention. Ils donnent comme seuls les pauvres savent donner, avec leur cœur!  Après cette pluie qui ne cesse pas et m’a détrempé quelle satisfaction de nous retrouver tous autour d’un bon thé  comme seul un algérien sait le faire, et de pâtisseries, makrouts .cornes de gazelles. Etc.    Et de cette galette  cuite sur la pierre.  Voilà déjà faut se quitter  mais je lorgne la galette dont il  reste un gros morceau. Et tant pis je fais mon mal élevé et je demande si je peux emmener le morceau de galette qui reste. Aussitôt. Tous partent à rire. Et me voilà non pas avec un morceau de galette mais une galette entière enveloppé qui m’est remise. . Sa fera mon déjeuner de demain  humm ! Merci à vous braves gens. Que cette maison qui nous à vu naitre. Vous soit à jamais un abri sur. Et remplit d’amour .je vous aime.



 



 

Il est déjà 18 h. et la nuit tombe  depuis l’hôtel el Mouna. Je vois la plage de st Cloud, la mer est démontée. Les vagues se fracassent. La pluie bat les carreaux de la fenêtre. Les lampadaires voient leur lumières  tanguer sous l’effet du vent. Tout cela est st Cloud  la plage. Je ne change rien à mon programme. .pluie !tu ne ruineras pas mon voyage et je pars manger à la caravelle. Le restaurant des riches comme on disait dans le temps avec mon papa. Refaire la corniche en taxi, sous  la pluie, ses virages. Ses arcades. Le collège d’Alzon. Tout va trop vite  dans ma tête. Que déjà je suis arrivé. Je descends les marches de la caravelle et le Maitre d’hôtel me reconnaît. Et avec un sourire de pro me serre la main. Ah! Je lui dis. Ce soir c’est la fête. Je veux ce qu’il y a de mieux.  Car je ne suis pas seul même si S est avec moi nous sommes trois. Lui .moi et mon papa. Ce soir papa toi qui n’à jamais mangé ici. Ce soir papa ! On mange à la caravelle. Et je commande tous ce que mon papa aimait. . Matsagounes. Dorades grillées.  Je m’installe à une table près de la fenêtre. Et même si il fait  nuit je veux voir la mer.  La mer qui danse dans la pluie et le vent. Il fait nuit  Et les fenêtres sont remplit de bué, alors de mes mains j’essuie et je regarde. En bas. Assez de lumières pour voir  les rochers. Mes rochers. Ou j’ai passé tant de nuits à attraper sars et autres poissons. Et bien que je n’avais que 10 ans ils n’avaient aucune chance une fois accroché à ma ligne j’étais un bon pêcheur. Ah mes rochers vous rappelez vous de moi. Oui je le sens. Et cela me conforte et me mets un grand sourire sur les lèvres. Je le sais. Je le sens .je ne suis jamais parti. Voilà! J’ai bien mangé. La bouteille de st Augustin à fait son effet, j’ai bien parlé avec mon ami le maître d’hôtel. Soirée formidable. Et je repars satisfait. Dehors il fait froid mais je me fiche de cela. Je veux marcher un peu. Et je repars vers l’hôtel el Mouna. À pieds. Je ne résiste pas, tous les 3 pas je me penche en bas  pour voir ce lever de l’aurore  ou la mer en furie se fracasse sur les rochers et qui en 1960 me faisait dire * ah ce soir elle tape trop on fera rien ! * . Papa toi qui est parti il y a déjà quelques années. Es tu là ce soir en bas. Avec ton bambou, je crois que oui. Tu te rappelle  mon papa on y à passé tant  de nuits. Alors papa attends je te rejoins. Je descends ma bicyclette et comme avant, comme quand c’était les jours heureux. On dira «  et tchak, je lui donne ». Et on le mettra dans le cartable .et ne rentrant maman sera heureuse. Merci à toi S mon compagnon  qui durant tous ces moments à comprit que je voulais être seul  avec mes souvenirs et qui tranquillement marchait en arrière à attendre que je revienne sur terre et qui alors me disait à chaque fois * alors sa yé tu l’as retrouvé ta vie d, avant !* oui S  je suis ici pour cela tu le sais bien ! Je l’ai retrouvé ma vie d, avant !



 



 

Mercredi 8 mars.



 



 

Ah cette nuit orages terribles. Je ne voulais pas dormir. Les mains bien à plat sur les couvertures, j’écoutais la pluie battre les carreaux, et soudain  la chambre entière s’éclairait, le tonnerre se mettait à gronder et la foudre tombait  sur la mer. Ah le tonnerre de Bône non! Non!  Il n’est pas comme ailleurs. Le tonnerre de Bône. D’abord il est mon ami. C’est lui que j’ai connut à mes premiers cris. Et puis il ne gronde pas comme ailleurs  wallou ! .il  à une voix. Un peu comme dieu quand il parle dans les montagnes a moise dans ce film de Cecil B de Mill. Le tonnerre à Bône roule sa voix. Ramène sur lui toute son énergie .et  puis lâche un roulement de darbouka puissant. Qui résonne dans la montagne de Bugeaud et ébranle les maisons, vous donne le sentiment de lui appartenir  .il n’est pas méchant. J’en ai connus des tonnerres dans le monde. Celui



 



 

De Bône c’est le plus beau. Le plus puissant. Mais jamais il ne vous fera du mal. J’ai passé la moitié de la nuit. Oui!!  Les yeux grands ouvert à l’écouter  et j’avais à nouveau dix ans. J’étais dans mon lit à la villa des trois mousquetaires .ou souvent il m’a chanté ses  trémolos et fait passé mes plus belles nuits d’enfant qui sait que de toute façon .pas loin dorment papa et maman et que tout est sécurité...



 



 

Il est 8h 30 un taxi vient me chercher  je pars pour Randon  ou je dois rencontrer un ami A. qui me dit - va jusqu’au rond point et je t’attendrais. Maudite pluie qui ne s’arrête pas... Arrivé au rond point, à l’entrée de Randon. Je sors  et je vois arriver vers moi. Mon ami A  sous un parapluie. Ah! Ah!   Ah!   . Quelle grandeur d’âme. Je garde dans ma mémoire à jamais  notre rencontre  tu avais  un sourire d’homme heureux. On s’est serré dans les bras. Et  avec les yeux plein de larmes tu m’a dis :Toi aussi :   



 



 

-Je ne pensais pas que tu viendrais !



 



 

-C’est mal me connaître mon ami. Ah! Ah! Ah! …



 



 

- Veux-tu absolument que je renvois le taxi! Me dit –il :



 



 

- A partir  de maintenant c, est moi qui s’occupe de vous! Il à l’air heureux.  Et moi je trouve cela formidable. C’est génial toute cette  spontanéité.  Nous nous dirigeons vers sa maison. Sacré A il est encore sous ses émotions de notre rencontre. Persuadé que je ne viendrai pas. . Ah! Ah! Ah!... Nous entrons, sa femme  nous accueille avec un large sourire. Belle famille.   Nous n’avions pas prévu de rester pour le diner mais A insiste.



 



 

Et en deux trois mouvements. Nous voilà assis dans le salon sur des tapis. Et des pouffes  à manger  ensemble   . C’est génial. A, va chercher sa collection de photos  et nous passons en revue tous ses souvenirs. Nous avons refait 50 ans d’histoire en 2 heures. . Il est temps hélas de se quitter. Et A, nous raccompagne à Bône.  Nous voilà tous les trois à nous promener j, avais  des adresses à trouver A se charge de m’aider. Et partout ou nous demandons, des gens du coin nous viennent en aide, et cherchent avec nous. Merci à vous, merci de votre générosité. Et puis A doit nous quitter. A, je suis heureux de te connaître. De connaître ta famille. Tu es un être de cœur et sensible. Tu es vrai. Et tu as les pieds sur terre. Tu m’as ouvert ta maison, reçu comme un membre de ta famille, donné beaucoup .tu m’a fais revivre  mes 10 ans. J’ai passé avec toi une très belle journée. Ah oui je reviendrai.  Tu es mon Ami A.



 



 

Le temps court. La nuit tombe  je décide d’aller acheter quelques souvenirs sur le cour Bertagna  sous les arcades. Mémoire ! Mémoire ! Les souvenirs ou ? À acheter ?non ! On n’achète pas des souvenirs surtout pas les miens. Ils sont à moi .ils sont ma richesse .voilà je suis sous les arcades pourquoi faut-il maman que tu me tiennes soudain la main ! On traverse la rue. ? Ah  oui mais tu me parle maman tu me parle c’est vraie ??.* attention aux calèches mon fils .aller va!! Au moins sous les arbres le soleil nous y tapait pas dessus, et marche pas dans la merde des chevaux hein !!! Que moi je nettoie après .aller dépêche toi. Que si  tu marche comme ça demain on y est  encore .fais pas la charrette. Va !!   Attends que je regarde un peu les vitrines,  et commence  pas à courir et à te cacher derrière les poteaux des arcades. Que moi je ne te cherche pas. heinn !! .* maman!! Maman !!! . Je me sens tout étourdit. Car un coup de klakson me sort de mon enfance  et me revoilà en 2012. Maman m’a lâché la main. Je retrouve mes 60 ans .mes deux bras portent des paquets .oh non !! Pas de souvenirs. Juste des bibelots. Une grande tristesse m’envahit .je ne me suis même pas rendu compte que j’étais sorti du magasin. Je dois accepter que maman est  partie, car je ne vois même pas de calèches .dur! Dur !!La réalité.



 



 

 Jeudi 9 février (le diplôme)



 



 

 Dire qu’il pleut  ne change rien, je dois retourner à l’école Beauséjour ou le directeur doit me remettre mon diplôme.  Je remonte la ménadia .  Bon sang que cela se fait vite. Dire que enfant je trouvais le trajet si long. J’arrive à l’école je sonne. J’entre. Je demande le Directeur. On me dit qu’il à dû s’absenter .mais qu’il à  laissé un paquet pour moi. Quelques minutes plus tard deux dames reviennent avec un joli sac à cadeau. Bien arrangé. (Déjà là je dis  whowww !!) . J’ouvre le sac  et même si je pensais avoir quelques chose de bien je me retrouve devant un superbe emballage molletonné. Je suis époustouflé, dedans se trouve un diplôme de reconnaissance de mon passage dans cette école digne des hautes écoles. , je n’en reviens pas. Mes yeux s’ouvrent comme des billes. Je dis à mon ami S



 



 

- regarde !! Mais regarde !!! Attends, ca c’est du professionnalisme.



 



 

 -ah oui je me rappelle exactement de mes paroles ! Je n’en reviens toujours pas. Je regarde les dames qui me l’ont donné et qui trouve cela bien banal. Et qui se mettent à sourire de voir ma tête. Moi je suis sidéré, une véritable œuvre d’art. Je ne sais plus si je suis fier. Ou content. Ou surprit. Tout se mélange dans ma tête, franchement Monsieur le Directeur. Là vous m’avez scotché !! Je suis à le tenir ce diplôme à deux mains. Et je regarde autour de moi cette école. Moi qui n’avait jamais été un surdoué à l’école et à qui les diplômes se sont fait plutôt rare .mais cette école à façonné ce que je suis aujourd’hui. Cette école de Beauséjour  à fait que je sache lire et écrire  .Quel bonheur de recevoir en ce jour une telle reconnaissance .je me retourne alors encore vers la cour de l’école et je balaie tous les murs du regard avec un sentiment  d’appartenance, avec au cœur des émotions d’enfant. Je suis tout retourné, j’ai des larmes plein les yeux .mais alors quel bonheur, .je suis heureux. Je ne crois pas que le Directeur se soit rendu compte de l’impact de son geste de générosité. J’en ai eu des reconnaissances au long de ma vie .elles sont de l’ordre professionnelles. Et on sait  que dans ce milieu souvent ce ne sont que des discours de formalité. Mais là !! Là ! Ce que je tiens dans les mains c’est ma vie. C’est mon enfance, c’est toute mon existence .oui Monsieur le Directeur vous m’avez certifié ma vie .la vraie celle qui est * mes jours heureux * c’est mon histoire lié à ce pays,  lié à mon Algérie. Je suis fier d’être né  en Algérie .et puis! Il faut repartir.



 



 

 



 



 

 Me voilà  partir pour la rue Burdeau .je dois retrouver la maison de tata  Odette. Impasse Savino, bien sur je ne passe pas inaperçu avec mon appareil photo et puis les gens je crois se sont habitué à nous voir revenir. Et puis bon oui j’ai la conversation facile. Et me voilà à parler à des gens qui me disent, oui! On connaît le propriétaire  Monsieur A... Et de me le présenter .il était dans un café juste au coin du passage Savino et de la rue Sadi Carnot. . 4 hommes attablé qui m’offrent de m’asseoir  et m’offrent de prendre un thé. Tout de suite  on se lance dans  notre histoire celle de nous autres celle des années des jours heureux. Parfois on parle tous ensemble chacun  à envie de dire ce qui depuis des années dort en lui. On à une même  histoire et une même déchirure. Oui je le dis avec sincérité, à cette table il n’y a que des frères. Il n’y à que des hommes qui ont besoin de recoller les morceaux  d’une déchirure qui fait mal des deux côtés.  Ils se souviennent tous de ma famille. Et le propriétaire me donne tous les noms des membres de ma famille il me dit, oui c’est mon père qui leur louait l’appartement à ta famille. Il était même au courant des dernières nouvelles de la famille. Ah quelle belle conversation. Et nous voilà à prendre ensemble le passage Savino .il  m’ouvre les portes de chez tata Odette. Dès que je franchis la porte


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