Forum consacré à Bône  : 


                

Voulez-vous supprimer le message ci-dessous


Mot de passe :

|
Auteur Sujet:   Mon voyage à Bône du 8 au 11 mars 2010 , ou* les jours heureux *.
Gérard Rodriguez
 
  

posté le 04-Aug-2016 13:30         JPG picture     envoyer un email a Gérard Rodriguez               




 

Mon voyage à Bône du 8 au 11 mars 2010 , ou* les jours heureux *.



 



 

 



 



 

 Franchement je suis devant une page blanche , il me faut commencer . J’ai pris tant de notes durant ce voyage , car je voulais être sur de bien retranscrire ce que je vivais . que je ne veux rien oublier de mes émotions qui m’ont fait vibrer au son de mes 10 ans à Bône .Car oui, en posant le pied sur ma ville, je n’ai plus 60 ans ;j’ai bel et bien dix ans et c’est le temps des jours heureux .  Àla fin de ce récit .Non, pas à la fin de ce récit . À la fin d’avoir livré mes émotions . je dirai si j’ai réussis à mettre sur une simple feuille  . ce qui s’appelle *arrêt sur mes jours heureux * .



 



 

 Alger oui c’est beau . mais ce n’est pas ma ville . alors qu’on me pardonne  si je suis pressé de  monter dans cet avion d’air Algérie qui m’amènera vers la coquette . je suis au bonheur total , et si je le pouvais ,je pousserai sur les moteurs .le temps passe et j’arrive près de Bône ,.je regarde la mer , cette mer ou j’ai attrapé tant de sars au lever de l’aurore . et je me dis que leur petits  petits  enfants à tous ces poissons sont là , juste en dessous , et qu’ils doivent surement encore se parler de gégé qui à décimé leur parents à coups de crevettes et de bromège .et cela me fait rire .  Bône ma belle ville. toi qui m’a donné mes plus beaux jours . j’arrive!! . il est 16 heure quand l’avion se pose sur l’aéroport des salines . il pleut des trombes d’eau . un vent à décorner les bœufs . mais cet air chaud même si nous sommes encore en hiver . oui cet air chaud et humide  je le  reconnais d’instinct . comme un enfant reconnaît le sein de sa mère . alors je me laisse aller la tête haute à me faire fouetter le visage par cette pluie dont chaque goutte est une caresse .oui je reconnais la pluie de mes dix ans , le sol est gorgé d’eau et si ,de toutes part sa court pour se mettre à l’abri . moi je prends mon temps  . je veux savourer cette pluie Bônoise .  et je me penche sur le sol , et  avec ma main j’agite l’eau .elle est tiède pas de doute . elle est bien cette eau qui lorsque je revenais de l’école Beauséjour me noyait en ces après midi d’automne et d’hiver , que c’est bon de retrouver ses racines . que c’est bon  d être à Bône chez moi . et voilà  je prends mes bagages . ah je reconnais même les chariots à bagages  .ils sont les même que nous avions quitté en 62 . ces chariots qui ont une dernière fois porté les valises de ceux qui savaient qu’ils ne reviendront plus  . je les sens plein d’histoire  . plein de tristesse  . alors je  caresse la poignée de  mon chariot avec mes deux mains en pensant à celles qui en 62 devaient  les serrer très fort en pleurant  ,je m’engouffre dans un taxi dont nous négoçions le prix, et me voilà parti pour l’hotel . par la corniche . ah les souvenirs . cette corniche  . tiens voilà Redzin et ses frites , ses caldis . ses merguez , .la mer est démontée mais comme elle est belle , pas de doute je suis chez moi . cette phrase je vais me la redire souvent tant elle me comble de bonheur  . voilà les arcades qui se dressent en bas du college d’Alzon et qui m’ont si souvent abrités .lorsque j’allais voir avec mon papa les tempètes , dans le temps des jours heureux . il me prenait la main ,et bien à l’abri, nous regardions les vagues venir jusque sur la route de la corniche. il faisait chaud . ,.je me sentais en sécurité près de mon papa et nous regardions au loin . là sans rien dire . juste en communion avec ce qui semblait éternel  . et puis st cloud . et l’hotel El Mouna , vite vite je me fous de la pluie du vent je dois être dehors car c’est dehors que sa se passe . c’est dehors que Bône vibre . que les odeurs et les senteurs de ma belle ville explosent .le temps n’a pas d’emprise sur toi  ma ville . tu es telle que je t’ai laissé , car je te vois avec les yeux de l’amour . si je devais les ôter alors oui  je verrai ce que tous voient  mais moi je suis trop amoureux de toi .pour te voir autrement qu’à mes dix ans .déjà  17 heure et je décide d’aller voir le quartier St Therese . . ces rues que j’ai si souvent grimpé pour aller à l’église . et je décide de prendre le maximun de photos de toutes ces belles villas ,en me disant que peut-être,quelqu’un reconnaitra la sienne . aie aie comme elles viellissent mal . aucun entretien n’est fait,alors le temps poursuit son oeuvre  .vous qui étiez l’orgueil de vos premiers propriétaires . je vous sens triste et je ne sais si c’est la pluie qui redouble , je vous sent abandonné . pourtant st therese était un quartier huppé ,mais voilà 50 ans ont passé . et puis soudain des algériens du quartier me demandent * vous cherchez votre maison ? * et je leur réponds que non . la discussion s’engage  je les sens prêt à tout pour m’aider . je leur dis que je cherche la maison de ma tante titi . cette villa je m’en rappelle car elle avait un petit jardin ou avec mon cousin Henri, on se cachait dans le sous sol et on tirait avec sa carabine à plombs sur les moineaux , mais je cherche en vain je ne trouve pas . *ah si vous aviez au moins un numéro *me disent –ils  . je les sens gentils  avenants prêt à m’aider . ils se mettent à chercher avec moi . comme c’est bon de se sentir comprit et aimé ,  la blessure est des deux côtés et chacun fait son bout de chemin pour réconforter l’autre , belle Algérie, j’arrive à l’église st thérèse ,transformée en mosquée . bien sur sa fait un choc   , je regarde  je touche ses murs qui ont vu défiler tant  de mariages . d’enterrement , de communiants , ,je me rappelle, les filles avaient des robes on auraient crû des mariés. faut dire que nous les pieds noirs on etait assez show times . .la figure ont l’avait . hein !!! je monte les marches  . Et je rencontre deux vendeurs de bonbons qui me disent vivre de cela . quelle tristesse , ils sont adorables de gentillesse . et m’aident a prendre toutes les photos que je veux . on se parle , je leur raconte le temps glorieux de l’église st thérèse. et cette pluie qui ne lâche pas . je gravis ses marches que je montais le jour de ma communion en 1960 avec mon beau costume et mon gros cièrge ,, je pense à tous ces pas qui se sont inscrit sur ces marches , pas qui devaient être eternels mais qui ne furent que moments ,dans le temps , je revois ce bon curé nous dicter son cathéchisme et nous obliger à nous confesser de péchés que nous avions supposément fait .alors je lui racontais n’importe quoi ,que j’avais volé des carottes dans le champs de Mr Magro . quels péchés ont a fait à dix ans !!. * bon alors il me disait* tu diras pour ta pénitence , trois  je vous salue marie . et quatres  Notre père * sa peut bien m’avoir écoeuré de la religion .  et toutes ces grenouilles de bénitier qui je me rappelle étaient assise sur les bancs a prier avec leur missel et qui une fois sorti de l’église se mettaient a raconter tous et n’importe quoi sur le voisinage . ah les  commères . !!!  . je redescends la rue de l’église st thérèse , il pleut , rien de mieux pour me retrouver à dix ans . que c’est donc bon de marcher dans Bône . Je me mets à la recherche de la clinique st thérèse,  car là ma maman à accouché de ma sœur .si nous sommes tous né à la maison ma sœur a eu droit à la clinique . aie aie toi aussi tu as viellis car pas d’entretien . je regarde la grande porte principale condamnée  car réservé aux cadres .,alors je passe sur le côté car dorénavant les patients doivent entrer a la clinique par la porte de service des employés . mais en 58 quand ma maman a accouché je sais qu’elle est passée par la grande porte . par le grand escalier . alors je touche la poignée de la porte qu’elle à dû ouvrir . et je grimpe toutes les marches une a une . en faisant glisser mon pieds d’un bout à l’autre de chaque marche . je veux être sur de poser le pied ou ma maman avec son gros ventre est passé en 58 . parfois je passe ma main sur les marches . est ce là que tu es passé maman .à quoi pensais tu maman quand avec tes douleurs tu grimpais cet escalier . hélas je ne peux retrouver la chambre car je n’ai pas le numéro . je peux tout de même entrer grâce à la gentillesse du gardien . et voir les chambres . aie aie ce n’est plus ce que j’ai connu . pauvres enfants entassés par 10 dans une chambre . les lits sont les même ils ont subit les affres du temps . une odeur de renfermé règne partout ,. et je me dis qu’il doit être préférable d’accoucher à la maison qu’ici ,  dehors il pleut toujours autant , et puis la nuit arrive . il faut rentrer , je décide d’aller manger à la caravelle  vers le lever de l’aurore . ce resto qui plus que jamais est réservé aux gens en moyen . c’est comme un défi d’y manger . car petit je regardais les riches y manger . aujourd’hui c’est mon tour , et je me tape des matsagounes et un loup de 3 kg avec une bonne bouteille de vin rouge de  st augustin . d’autant plus apprécié que le vin est rare autrement . le maitre d’hotel me reconnaît on s’était vu en 2009 il est super gentil on parle ,et je lui promet de lui ramener un souvenir du canada en 2011  . il a une belle éducation . et on sent un homme instruit , je savoure mon moment dans ce resto . il fait nuit ,la pluie frappe fort sur les vitres .la mer tape sur les rochers , comme tout cela est bon . le bonheur est dans le cœur tout le reste est invisible à l’œil nu ,je pense à mon papa et ma maman qui ont jamais pû y manger . alors oui ce soir c’est pour vous que je mange à la caravelle , et puis je retourne a l’hotel , par la corniche . te rappelle tu papa quand les soirs d’été à bicyclette toi et moi la cartalle pleine de sars et autres poissons nous rentrions à la maison . seule quelques lumières éclairaient la corniche . peu de gens circulaient la nuit a cause des attentats des fellaghas . mais nous on y pensaient pas . on tenait notre bambou et on pédalaient , seul le bruit de la dynamo qui roulaient sur le pneu faisait un bruit régulier de  bromuuuu broummmm broummm . et tu me disais . * ta lumiere elle marche !,que la police si elle nous voit sans la lumière elle nous met un proçès , hein !!*ah comme c’est bon de sentir la mer , je suis si heureux , que des larmes me coulent le long des joues mais je m’en fous , car je vis mes dix ans , oui je sais j’ai 60 ans mais de cela aussi je m’en fous . pour ce moment là j’ai dix mon papa est là à côté de moi et on pédale dans la nuit étoilée sur la corniche à Bône . mon ami qui m’accompagne à comprit qu’il doit se taire car il sait que je ne suis plus présent , que je suis en 1960 et que je suis illuminé de joie . et je me fous aussi de ce qu’on en pense .le lundi matin  ,je remonte st cloud vers la pierre carrée .il ne pleut plus . un beau soleil magnifique .  la mer roule et meurt sur le sable de la plage , je décide d’aller voir à la cité montplaisant   ma maison du moins celle que nous habitions juste avant de partir en 62 . j’ai encore un mauvais présage . car en 2009 le mozabite qui l’habite m’avait refusé l’accès .   .je monte la route de la fontaine romaine . ici aussi le décor à changé .besoin de place ou  quoi . on à rasé les beaux cyprès  . du béton partout  mais  bon .!! .je dis à mon ami algérien que c’est inutile  d’aller voir le mozabite ,qu’il va encore me dire non ! mais mon ami insiste . et veut le lui demander . moi sa ne me tente pas de me faire dire non pour entrer chez moi  car c’est bel et bien chez moi et non chez lui , et paff je me fais



 



 

Ramasser . un non  ,il refuse . je me sens humilié , je sens qu’il jouit dans sa culotte de voir ma déconfiture , pourtant je garde le sourire ,pas question de lui montrer mon désarroi . Qu’est ce que sa peut te foutre de me laisser entrer chez moi  juste 5 mn . as-tu peur que je reprenne ma maison .je n’en ai nul besoin . bref je décide de ne pas me laisser gâcher ma journée  et je le quitte aussitôt , et je rentre dans la cité montplaisant . et je photographie toutes les villas une par une . ce quartier est mon quartier , et voilà je regarde la villa des trois mousquetaires . notre belle villa . Mais bon ,dû aux incertitudes . toutes les villas sont devenues des forteresses . haut murs d’enceinte , fil barbelées , ou es tu la cité montplaisant de mon enfance , même au plus fort des événements nous n’étions pas barricadés de la sorte . , alors je fais une fixation sur  ma maison , je regarde . ,je pense , je revois , je ressens  tout. je vois ma maman , mon papa . j’entends les cris de mes frères .qui courent dans le jardin , je vois mon papa sur le balcon en train de nous chanter ses chansons en regardant la nuit étoilée , ah ce qu’on est heureux en cette année 1960 , et pourtant tout gronde  autour de nous . mais on ne sent rien venir du moins pas ,l’ouragan qui allait nous emporter , alors va y papa chante , berce de nous de tes chansons, raconte nous tes histoires  de mounadjelles , et puis la nuit avance et faut aller se coucher car demain il y a  l’école , ah oui je fais une fixation sur la villa des trois mousquetaires , pas de doute si un autre y habite . lui ne possède pas son âme . cela je le ressens . l’âme des trois mousquetaires est encore à nous  . et je sens que ma belle villa m’a reconnue , elle me sourit , alors je la caresse du regard . et puis je m’approche et je passe ma main sur la plaque  que mon papa avait plaçé et ou est inscrit . VILLA LES TROIS MOUSQUETAIRES . comme c’est bon . soljetnitsine a dit a juste titre * on peut empêcher l’homme de parler .mais on ne peut l’empêcher de penser * alors je pense aux jours heureux . ici quand je jouais aux billes sur ce trottoir qui est maintenant asphalté . mais qui a connu mes déchirures de pantalons , avec des kix pas kix etc etc , je revois mon père qui entre et sort comme si cela devait durer toujours , je revois ma mère au balcon qui siffle pour que nous rentrions sinon mon père va descendre avec la ceinture ,je regarde le toit et je me dis tiens ,à cet endroit se trouve dans la toiture le grand   bassin de béton qui contenait l’eau pour la maison ,et dans lequel de temps à autre vu que j’étais petit mon père me faisait entrer pour le nettoyer car il y avait peu d’espace entre le toit et le haut du bassin . j’imagine toute la maison .toutes les  pièces. et je me dis, vu l’extèrieur dedans sa doit être dans un état pas possible , .je revois le mirus dans lequel l’hiver pour chauffer nous mettions du cok. .et je fais le tour  par derrière la maison des Mazzella afin de voir l’arrière .et je vois notre terrasse .aie aie dans un état . mais bon elle est là . mémé aussi qui plume les étourneaux que ma mère vient de tirer avec le fusil de mon papa ce qui lui valu une belle engueulade . je revois tata Odette avec la famille qui enfile les brochettes que papa fera cuire dans la soirée . alors que le soleil se couchant cela sentira l’anisette et le camoun . mémoire tu es tenace  cela est bien mais parfois tu nous fais souffrir . aller gégé il est temps de laisser ta villa à sa destinée même si elle l’a pas choisit . peut-être ne pourrai-je jamais plus y entrer . mais au moins je reviendrai te voir , je resterai là dehors sans bouger et on se parlera des jours heureux .. comme soljetnitsine dans son goulag  et en silence nous nous rappellerons oui c’est bien cela «,le temps des jours heureux . aller  va .laisse tes billes sur le trottoir tu les retrouvera en 2011 et .je pars pour la ménadia ,je veux revoir l’épicerie au coin ,juste descendre entre les arbres qui sont toujours là d’ailleurs et m’y voici , c’est toujours une épicerie tenu par un gentil Monsieur . alors je me présente et de suite la communication passe . et pendant 20 minutes lui et moi nous parlons .je lui raconte quand enfant je venais ici acheter et que je disais au mozabite qui la tenait * ma  maman elle à dit que vous marquez * et de temps a autre cela m’attirait la remarque * dis à ta mère de pas oublier de passer payer car sa commence à monter * pas drôle d’être pauvre !!!.je me demande soudain . que serai-je devenu si nous étions resté ici chez nous en Algérie . surement que j’aurai travaillé à la centrale comme Jeannot mon papa . baffff je le saurai jamais . et je remonte la ménadia vers mon école Beausejour , ah cette école tu avais intérêt à marcher droit surtout avec Mr Lanaspre le prof . ah quel tyran . avec ses règles fifine et josephine il t’en mettait un coup sur la tête s’il te voyait à regarder les mouches au plafond . voilà je sonne à l’entrée des filles . et  je demande Mll …. Que j’avais connue en 2009. très gentille . dés qu’elle me voit . elle me sourit. heureuse de me revoir . . entrez entrez . venez un accueil merveilleux . elle me dit venez je vais vous présenter le directeur , . quel homme de cœur . il me reçoit avec gentillesse . et je sens de l’intérêt pour ma personne . un homme intelligent . cultivé , je lui dis que ici est mon école , et que j’y ai passé plusieurs années . aussitôt il me dit on va prendre une photo ensemble . et me fait asseoir dans son fauteuil de directeur .il se met à ma droite et on y va de plusieurs photos . quel homme . quel grandeur d’âme , je suis aux anges cela me change de mon accueil froid à la villa , aussitôt il me dit *attendez on à tous les registres de l’école .donnez moi votre date de naissance on va vous retrouver votre inscription *. et en effet . on me retrouve là , dans ce registre  ou il est inscrit sur le devant :École de garçons de Beauséjour  Bône, commune de constantine année 1957 ,directeur Mr Gaugère :. et puis on retrouve aussi mon nom dans les années 56 57  58 .je prends tout cela en photos . tout est inscrit avec une écriture appliqué .  mon nom ,le nom de mes parents , notre adresse à la cité montplaisant . fils de jean travaillant à EGA .je caresse cette écriture car ces belles années de 1957 oui c’était le temps des jours heureux , merci Mr le directeur de votre disponibilité , je vous respecte car vous avez sû comprendre ce que je ressentais . on se reverra en 2011 .je prends des photos de ma classe . du préau ou nous devions nous mettre en ligne et sans parler pas comme maintenant .j’ouvre le robinet du bassin qui est toujours là . ce robinet ou après avoir courut dans tous les sens nous allions boire goulument de grandes gorgées d’eau .  je regarde cette cour ou j’ai si souvent joué et usé mes sandales en plastic de chez Bata, je tourne et me retourne dans tous les sens car ces murs sont les miens .ils ont connu mes joies et mes peines d’enfants , ils ont abrité mes secrets , qui à l’époque étaient immense et que je trouve maintenant si désuet et cela me fait rire aux éclats  ah comme je suis heureux . cet air que je respire dans cette cour d’école à pas changé , ni les cris des élèves , je suis aux anges ,je suis à mon école de Beauséjour .il est maintenant midi 30 . nous mangeons un sandwiche aux merguez hummmm bon bon bon .



 



 

 Un gros morceau m’attends . le cimetière !! . je me rappelle de tout . nous y sommes si souvent allé et surtout surtout depuis 48 ans afin d’être sur de ne pas oublier mon pays je me suis à chaque jour remémoré ma vie à Bône . non je n’ai pas perdu mon temps . car si tu as pas de passé . tu as pas d’avenir . je longe le mur du cimetière . et j’appelle aicha et Mohamed , car je les connais  les deux gardiens . des qu’ils me reconnaissent  un grand sourire m’accueille , on ya va de grande embrassades , heureux de se revoir . et je leur dis * j’ai plein de demandes pour des photos de tombes * alors aidez moi .* et nous voilà à la recherche des tombes dont je devais absolument prendre des photos . et j’en profite pour photographier tous les tombes à ma portée je me dis que cela sera surement apprécié ,  bien sur le temps ici aussi à fait son  œuvre et comme il n’y a pas d’entretien alors la nature reprends ses droits , je parcours ces allées ,et l’image qui me vient à l’esprit .c’est le gros derrière de ma maman avec son sceau quand nous partions nettoyer la tombe des frères , oui maman je te revois comme si le temps n’était  pas passé , quel bonheur la mémoire . je retrouve la tombe de mes frères . je prends un peu de terre . j’y enterre une photo de mes parents , et je parle et je parle avec eux . mon ami et aicha et Mohamed ont tout comprit et se retirent un peu . le temps de cet instant dans le temps , oui je vous le promet en 2011 je reviens et je ferai faire un marbre sur lequel sera gravé * à mes frères Charley 1 et 2  nous ne vous oublions pas . vos frères . sœur et parents * et je pleure ,alors je prends avec ma main mes larmes et je frotte sur la tombe ma main mouillée , voilà mes frères vous ne dormirez plus seuls .  tant de choses défilent en cet instant , …. mon ami me dit* t’en fais pas on se débrouillera du ciment et on fera cela très bien *.  aller gégé faut partir ,ah je regarde autour de moi , tous ces morts allongés là dans le silence c’est en même temps petit et en même temps grandiose , ils ont fait l’Algérie , je regarde les noms . non vous n’êtes pas rien . vous êtes ma race .celle des pieds noirs d’Algérie , et j’entends bien vos rires vos larmes . vous avez aimé .vous avez souffert, j’entends vos * diocane à la madone* , vos,* va va va *,vos * aller va j’t’en donne une aregarde si tu me laisse pas tranquille * tout notre language haut en couleur ,mélange de français ,d’italien . d’espagnol et d’arabe, etc etc  ,qui donnait un language coloré , nos exagérations , mais tout est bon enfant , ah oui mais je le sens personne n’est vraiment mort ici . vous êtes bien vivant , chanceux vous vivez dans ce beau pays. Notre pays  , l’Algérie ! .je redescends l’allé du reposoir vers la sortie . je me retourne souvent il y a tant de vies . oui je dis bien tant de vies ici combien de larmes lors des enterrements sont passées par cette porte de fer , ainsi est la vie . aller faut encore partir .



 



 

 et je veux retrouver le petit jardin qui est juste de l’autre côté du cimetière  mais dont il faut faire le tour pour en trouver l’entrée . ah que de souvenirs ici , quand enfant avec ma maman ,et pendant que papa travaillait . on venait pour jouer . les allées sont toujours là , le stade aussi mais alors dans un état pas possible aie aie . mais je m’en fous moi je veux mon petit jardin et lui oui il est là , les bancs aussi ou pendant que nous jouions ma maman s’asseyait . et lisait ou tricotait . tout en nous disant . * enttention si vous jouez . vous jouez devant à  mes yeux , le premier qui s’éloigne je lui donne une tannée *. des tannées on en  à jamais eu . combien on a couru dans ces allées sous le chaud soleil de juillet et d’aout . on entendait le cris des sportifs qui étaient juste de l’autre côté dans le stade .  et avec mon frère, laisse qu’on court , avec aux pieds nos sandales en plastique et oui encore de chez bata  et ma mère qui criait * aller aller c’est ça casser vous les cornes mais venez pas pleurer hein *les même fleurs sont là ces espèces de petite clochettes jaune dont je me rappelle nous mordillions les tiges verte et cela nous laissait un gout aigre dans la bouche , oui me revoilà à dix alors je m’assoie sur un banc et je me demande sur lequel maman s’assaillait . alors je décide de faire tous les bancs autour de moi , en frottant mes fesses sur toute la longueur des bancs , j’espère avoir réussis à m’assoir sur celui ou Mère courage, ma maman posait son gros derrière . et oui elle avait toujours eu un gros derrière ma maman .



 



 

et voilà faut encore partir . car je dois aller rue du docteur mestre ,à ce que nous appelions la vieille maison . la maison ou nous sommes tous né sauf ma sœur . j’avais promis aux algériens qui y habitent de revenir les voir car ils avaient été adorables de gentillesse en 2009 , .alors je pousse  la porte du portail et je tape à la porte , la mémé ouvre ,et sitôt qu’elle me reconnaît . son visage devient radieux  heureuse, de me  revoir . mais alors heureuse . et moi donc . et voilà les grosses embrassades .quel  accueil  . digne d’un fils qui revient à la  maison , et voilà les gâteaux . le thé à la menthe . . je suis au bonheur total ,  aussitôt je suis invité pour le lendemain à manger un couscous . car sa à l’air que le papy il était pas content en 2009 qu’on ne m’ait pas invité a manger . et avait sermonné toute la famille en disant *comment celui qui à habité ici revient et vous lui avez  offert  rien *. quelle gentillesse . .mais bon mon programme continue et après une heure ensemble on se quitte jusqu’au lendemain .



 



 

et je repars pour la plage de st cloud  je veux entendre la mer . les vagues . j’ai besoin de ces odeurs et bruits qui ont font mes jours heureux , je suis là face à la mer près de la pierre carrée qu’une tempête a emporté il y a quelques années ,derrière moi les mille logements , et je regarde les bateaux qui partent au loin . ils ressemblent a ces même bateaux que je regardais 50 ans avant. non rien n’a changé .sinon nous les hommes. le soleil se couche tout doucement sur st cloud ,. je respire à plein poumons cet air que je connais si bien . il entre en moi comme pour me dire ,*tu vois tout le décor est en place *, je ferme les yeux , j’écoute le bruit des vagues . je n’entends plus le monde autour de moi , je suis seul . avec mon  Algérie .  je regard sur ma droite  tiens marie louise est là assise avec son tricot  , les pieds enfoncés dans le sable , elle me regarde .* ne t’éloigne pas que je te vois devant les yeux . hein !! *. *non maman je vais jusque à là bas et je reviens . *.



 



 

* commence pas à me faire jbattre . je t’ai dis devant les yeux  que on va bientôt partir que ton père y va rentrer . et si y me trouve pas à la maison, un cinéma y va me faire *.. va y maman parle moi  . ha la mémoire à cela de bon que si nous lui laissons libre court elle nous rappelle tout . je suis déconnecté du monde présent . une fois de plus mon ami l’a compris et ne dit rien il me laisse dans mon monde dans mon Bône . ah ce gros soleil rouge qui parait entrer dans la mer au loin combien de fois on l’a vu disparaître et on pensait que c’était pour se répéter toujours jusqu’à !! . jusqu’à !!. . j’ouvre les yeux et je regarde en bas le trou carré , a droite Gassio . a gauche st cloud derrière la route qui monte vers la ménadia . bonheur total ,  48 années n’ont pas effacé une seule goutte de mes sens . il me semble que je ne suis jamais parti . et puis il faut bien avancer . je décide car il se fait tard de partir manger à la caroube  mais je pars à pieds . marcher sur ce trottoir mythique de st cloud . l’envie me prends de sauter en bas sur le sable comme quand je le faisais petit et que ma mère nous disait alors * c’est ça . c’est ça aller vous casser les cornes mais venez pas pleurer après * alors je saute . merde oui je saute . et le sable s’enfonce sous mes pieds .  mon ami Algérien  me dit en riant  * sa va pas * je lui dis *au contraire sa va très bien* je suis heureux comme un gosse . je prends tout mon temps pour marcher . je repense aux soirs d’été ou nous venions nous promener après manger toute la famille . on l’a faite en long et en large cette promenade  de st cloud .  et puis voilà j’arrive dans le virage de Chapuis . je longe la plage . au bout le restaurant l’albatros  est toujours là   , je continue ma  marche  . tiens voilà le virage qui mène au cap de garde ,la nuit est tombée . a droite la mer vient caresser les rochers . . je suis cette route qui mène au cap de garde . je revois les files interminables de voiture qui lors des mariages avaient l’obligation d’aller faire les plages et aller jusqu’au cap de garde au son des ta ta ta ta ta .cela me donne un petit sourire finalement le décor est là , il ne manque que les acteurs dont le temps à usé les jours .



 



 

 et j’arrive à la plage de la caroube . ou grouille nombres de restaurants . et sa sent le BBQ a plein nez ., sa sent les brochettes . le mouton , le poisson frit . le camoun . aie aie . oui je suis chez moi , nous rentrons dans un resto . et là je me paye la traite . 12 merguez et 6 côtes d’agneau , plus la bonne galette arabe cuite sur la pierre . plus les poivrons grillés concassés avec de l’huile d’olive , aie aie que c’est bon la bonne cuisine Algérienne . seul bémol ya pas de vin . et faut  boire du hammoud . bon j’aime bien la limonade mais là là , il semble qu’un bon coup de sidi brahim ce serait génial . mais bon va y du hammoud . mon gégé .et je rentre à l’hotel a pieds je veux gouter toute ma soirée je suis crevé ,fatigué mais tellement comblé de bonheur . que je ne dois pas perdre une miette de ma communion avec mon pays .



 



 

 mardi .ah merde il pleut et puis bien bien . c’est la journée invitation couscous . mais avant nous partons pour la place Alexis Lambert  je revois . mon école de musique ,l’harmonie Bônoise là j’ai appris mes premières notes de musique . c’est maintenant un hotel fermé d’ailleurs . combien de fois mon papa m’y a amené à bicyclette depuis



 



 

st cloud pour prendre mes cours de solfège et il m’attendait . je pense a cela et je me dis pauvre papa tu en a fais pour moi , quelle patience. c’est cela de l’amour , et on retournait a st cloud moi assis sur le porte bagage et lui qui pédalait . je me sentais protégé . quel grand homme mon papa . je sonne à l’école des sœurs  , j’explique que je veux voir le directeur  car ici j’ai subis ma première école , il est très gentil ce directeur , il me fait entrer . nous parlons, je lui donne des photos de moi a 5 ans prisent dans cette école  . Il me dit être très honoré et me laisse visiter   à  la condition que je ne prenne pas de photos .. aie aie en effet je comprends il n’y a plus rien de ce qui était une perle de la religion , toutes les statues ont disparues , sa sentait la cire et le vernis .là un vrai désastre aucun entretien alors une fois de plus le temps a fait son œuvre . tout est en ruine , je constate seulement  , un choc  oui un choc . mais bon , je ne peux rien changer , alors je fais le tour  je revois la cour ou a 5 ans j’avais joué une scène dans une petite pièce de théâtre  ou je jouais le rôle du petit marin . avec mon petit costume blanc et mon calot de marin avec le pompon rouge . oui je reconnais bien la place ou était l’estrade et tout autour de la cour les bancs accotés aux murs des classes sont encore là , ou se mettaient les parents qui nous regardaient jouer . je dois retrouver ma classe . je le dois impérativement car j’y ai un souvenir , voilà c’est là dans cette classe ou tout a vieillis aussi tristement . ce qui me fend le cœur . je retrouve mes 5 ans . ah mémoire  mémoire  comme je t’aime . je revois ma table ou j’étais assis il ya longtemps .les beaux encriers de porcelaine ont disparus. toutes les tables sont usées a la corde . mais l’estrade près du tableau est encore là , le bois est a vif , mais je la caresse  . je passe et repasse ma main dessus . Car un jour sur cette estrade Mlle Doris une espèce de vieille fille bonne sœur . m’avait fait mettre a genoux ,dos à la classe ,les mains derrière le dos et le bonnet d’âne sur la tête  et tous les enfants se moquaient de moi . un espèce de grand chapeau de feutre gris avec deux grandes oreilles . on serait traumatisé a moins a 5 ans mais pas moi je devais être fort mais je me rappelle de cette garce de Mlle Doris .



 



 

 je fais un petit tour au marché aux poissons . là aussi finit le beau marché que j’ai connu . mon papa me disait * vient on va faire le marché * comme on aurait dit  on va en vacances , ben ya plus de vacances . triste constatation , tout est sâle . il y a quelques poissons mais finit les beaux étalages de mon enfance , je n’ai pas le gout de rester là. trop triste . ya plus rien à voir . je regarde en face ou se trouvait le bar le canari et ou mon papa chaque fois m’achetait un caldis tout chaud . ah comme il était bon ce caldis .



 



 

. je décide de  partir pour la colonne . je fais un crochet pour retrouver cette salle connue de tout Bône ,que fut la salle Borg ou se déroulait tous les mariages . je cherche l’entrée et un Mr très gentil me parle . un vieux et oui les vieux se rappellent de tout . et il me montre tous les changements de la salle Borg qui a été divisé en petits  appartements . il me di



Mondovi 25.jpg
Ajouter une réponse




Retour au site Koléa-Bône.Net